Artistes du Nouveau Jeu de Marseille

Les artistes du

Nouveau Jeu de Marseille

Nous avons invité six jeunes artistes émergents, tous résidant à Marseille, à participer à cette partie du projet DOSA. Nous avons également invité l’artiste Gérard Traquandi à diriger le groupe et la graphiste Françoise Oppermann à adapter les dessins du Nouveau Jeu de Marseille pour le jeu de cartes.

Dans ce Nouveau Jeu, le Roi, la Dame et le Valet sont restitués (après avoir été remplacés par les surréalistes). En revanche, des nouveaux emblèmes ont été inventés pour représenter des thèmes pertinents dans la société aujourd’hui : l’Œil symbolise la suprématie du regard; la Puce, l’omniprésence du monde numérique; la Pièce, l’échange perpétuel de monnaie; la Coquille, la nature et les origines de la vie, aujourd’hui fragiles.

Conformément à l’histoire des cartes inventées par les surréalistes à la Villa Air-Bel, les nouveaux artistes ont tiré au sort afin de savoir quelles cartes ils représenteraient dans le Nouveau Jeu. Ensuite, chaque artiste a imaginé, pour créer ses cartes, une figure ou un thème représentant les valeurs de notre société en 2020.

Le Nouveau Jeu de Marseille, dont la réalisation n’aurait pas été possible sans la collaboration de l’association Lartprendlair, restera longtemps après Manifesta 13.

Gérard Traquandi

Le Joker et les quatre As :


Claire Dantzer

Le Roi Puce et le Roi Œil 

Note d’intention de l’artiste :

Roi Puce, Roland Moreno : « Autoproclamé comme “le plus grand inventeur” de la carte à puce, Roland Moreno en marge des circuits traditionnels ne dispose d’aucune méthode scientifique, il s’inspire de la science-fiction pour ses inventions. Pour être inventeur, il faut, je crois, oser transgresser, être un petit peu fraudeur, un petit peu tricheur. »

Roi Œil, Bokassa 1er : « En se nommant empereur de Centrafrique en 1977 lors d’un sacre outrancier calqué sur celui de Napoléon 1er, Bokassa représente la démesure et l’ostentation. Revêtu d’un manteau de velours rouge bordé d’hermine et arborant une couronne en or pur sertie de 6 000 diamants, il parade à bord d’un carrosse de bronze et d’or tiré péniblement par 8 chevaux. Le dîner fastueux de 100 tonnes de nourriture servira la rumeur de cannibalisme et de monstre à son égard. »


Julie Dawid

Le Roi Pièce et la Dame Puce

Note d’intention de l’artiste :

Roi Pièce, Octave Vegas : « Octave pourrait être un empereur romain fortuné qui s’est trompé d’époque et se retrouve à Las Vegas près d’une machine à sous. La roue de la fortune serait-elle un écart musical ? »

Dame Puce, Linada Lovelace : « Nana, nada, femme ou tabula rasa ? Cette carte est celle d’une puce électronique qui questionne sur le dialogue entre les femmes et la technologie. Ada et Linda toutes deux sous le même nom : LOVELACE affirment des inventions novatrices et des postures féministes. Quel est l’écran qui vous séduit ? Le réel dans le virtuel ? Tout est dans ce qui se LOVE. »


Jérémie Delhome

La Dame Coquille et le Valet Puce

Note d’intention de l’artiste :

Dame Coquille, Téthys : « Téthys est une déesse archaïque de la mythologie grecque, elle représente la fécondité marine. Aujourd’hui la vie aquatique se vend en bouteilles plastiques, plastique qui se retrouve dans toutes les mers, jusqu’à créer de nouveaux continents. »

Valet Puce, Le Câble : « Élément de base des réseaux informatiques. C’est le vecteur qui permet aux flux de communication et d’information de circuler, le serviteur, l’intermédiaire.»


Sara Fiaschi

Le Roi Coquille et le Valet Pièce

Note d’intention de l’artiste :

Roi Coquille, La révérence et Valet Pièce, La qualité du miracle : « Dans un style cartoonesque, ces dessins symbolisent des inquiétudes : d’un côté l’extinction du vivant à commencer par l’abeille, reine des pollinisateurs, et de l’autre, la mise en abîme du réel par la technologie utilisée comme outil de surveillance. »

Karine Rougier

La Dame Pièce et le Valet Coquille

Note d’intention de l’artiste :

Dame Pièce, Amazone : « De noir et de jaune, une guerrière amazone, décapitée, armée d’une lance transmuée en serpent. Cette carte réinventée, nous suggère de manière singulière que l’argent fait perdre la tête et nous déconnecte du monde réel. »

Valet Coquille, Tikuna : « Inspiré d’un costume de danse de la tribu indienne Tikuna. Découvert dans le livre de Benjamin Peret, Les arts primitifs et populaires du Brésil, ce motif est une manière d’interroger la notion de sacré et de fête, l’entremêlement entre l’art, le mythe et le jeu. »

Mayura Torii

La Dame Œil et le Valet Œil

Note d’intention de l’artiste :

Dame OEil, Akiko Ishigaki : « Cette dame est une tisserande japonaise qui vit sur l’île d’Iriomote dans la préfecture d’Okinawa en harmonie avec la grandiose nature de cette île.»

Valet OEil, Bobby Henderson : « Bobby Henderson est le créateur du Pastafarisme et il se présente comme son prophète. Cette religion pousse la pseudoscience à l’absurdité hilarante. Sans agressivité ni méchanceté, elle nous révèle une vérité cachée de toutes les religions. »

« Mayura Torii se laisse porter par un flottement d’incompréhension, une confusion des genres et des valeurs. Ce flottement et cette confusion, elle les enregistre, les construit, toujours au nom d’un sourire. Elle réinjecte du jeu, un déconnage subtile, dans l’aspect pontifiant du concept. En cela, elle demeure amusée et sceptique envers la surévaluation que fait l’occidental de la pensée performative. Elle ne se contente pas pour autant de rappeler qu’il y a des mondes autrement orientées et dont les hiérarchies sont autres. A partir d’une déstabilisation sans gravité, elle travaille des sensations de jouissance et d’étonnement propres au dépaysement. Chacune de ces œuvres nous restitue le trouble du passage, l’indécision du seuil, le frisson délicieux d’une petite frontière mentale à passer. Cette œuvre qui s’appuie sur le langage explore des sensations d’étrangeté et de présence plus ou moins décollée du réel. »

Extrait du texte, « Faux amis (fozami) » – Frédéric Valabregue


Françoise Oppermann

Le dos des cartes

À propos de l’artiste

Françoise Oppermann est graphiste, illustratrice et directrice artistique. Elle est fondatrice de l’association Lartprendlair avec Françoise Siffrein-Blanc et Florence Loussier.


Des sérigraphies des dessins, ainsi que des jeux de cartes du Nouveau Jeu de Marseille sont disponibles à The American Gallery.

Contact : the.american.gallery@free.fr


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